images images
banniere aide

État de la situation



Alors que moins d’adolescents et de jeunes adultes se donnent la mort au Québec, le suicide conserve toujours son attrait chez les personnes de 50 ans et plus. Entre 1999 et 2006, la proportion des décès par suicide chez les gens de plus de 50 ans est passée de 27,2 % à 39,9 % selon l’Institut national de santé publique du Québec. Ces statistiques sont inquiétantes et méritent une attention particulière. 

Suite à la consultation publique sur les conditions de vie des aînés, les travaux ont démontré qu’au Québec 12,7 % de la population âgée, vivant à domicile, présentait un trouble dépressif ou anxieux selon le DSM-IV. Ce pourcentage représente plus de 101,000 personnes âgées pour l’année 2005. Les travaux ont aussi montré que la population de 65 ans et plus, en perte d’autonomie et vivant à domicile, présentait à 42,9 % une symptomatologie sévère de détresse psychologique.  Au Québec, de 1950 à 2004, le taux de décès par suicide des personnes de 65 ans et plus est passé de 3,7  % à 12,7% par 100,000 habitants. La maladie physique et la perte d’autonomie sont vécues comme des facteurs de risque majeurs du suicide chez les personnes âgées. 

Or, l’amélioration des conditions de vie des aînés passe inévitablement par l’amélioration de leur santé mentale. Selon des données d’une enquête sur la santé mentale des aînés (2005), lorsqu’une personne âgée consulte pour un problème de santé mentale, elle se dirige dans près de 80 % des cas vers la médecine générale. Toujours selon cette enquête, plusieurs chercheurs suggèrent cependant, que les médecins généralistes auraient une forte tendance à normaliser et même banaliser les symptômes reliés aux psychos pathologies de dépression et d’anxiété chez cette clientèle. Ainsi, près de 50 % des personnes qui consultent ne seraient pas diagnostiquées et même pire ne seraient pas traitées. Cet état de fait nous amène à la réflexion de l’importance d’une mise en place d’un programme de  prévention et de dépistage de problèmes de santé mentale par un filet de protection chez les personnes âgées.

Selon les données de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) près de 60 % des personnes âgées ont une ordonnance active de médicaments. Près de 35 % des personnes de 65 ans et plus consomment des psychotropes sur une base annuelle, alors que cette proportion n’est que de 5 % dans la population générale. Les benzodiazépines comptent pour 97,5 % de leur consommation, ces médicaments peuvent avoir des effets indésirables très importants. La consommation de psychotropes peut occasionner des effets sur la stabilité, la mémoire et la concentration. Les personnes âgées sont également susceptibles de développer une dépendance psychologique très importante, car l’étude a démontré qu’elles rencontraient les critères de dépendance du DSM-IV. Les travaux ont également démontré que les personnes âgées qui utilisent des benzodiazépines en consomment en moyenne 207 jours par année. Cependant le Collège des médecins du Québec recommande d’éviter un usage prolongé (plus de 3 mois) chez les personnes âgées. Selon Pérodeau et collaborateurs, les attitudes positives des femmes âgées par rapport à la consommation seraient un des facteurs prédisposants importants d’une perte de contrôle sur leur vie.

L’utilisation de benzodiazépines apparaît dans la littérature comme pouvant causer de graves effets indésirables. La majorité (69,2 %) des consommateurs de benzodiazépines se retrouvaient dans la tranche d’âge de 65 à 74 ans

En fait, tout se passe comme si la société, les professionnels de la santé et la famille elle-même considéraient les idéations suicidaires comme un phénomène normal dans un processus de vieillissement. Cette banalisation du suicide chez les personnes âgées est une manifestation d’âgisme, qui dans une forme générale, s’exprime par un stéréotype qui veut que la plupart des personnes âgées soient en perte d’autonomie et séniles et ce, parce qu’elles ont déjà vécues plusieurs années et n’ont plus une urgence et un  besoin de continuer à vivre. Or la majorité des personnes âgées sont en bonne santé et vivent à leur domicile. Ce phénomène amène donc une perception complètement faussée et par le fait même, diminue l’estime des personnes âgées. Dans un tel phénomène sociétal comment ce groupe d’individus peut-il vivre une santé mentale adéquate ? Il est donc important de poser des actions concrètes s’adressant aux personnes âgées afin de prévenir l’anxiété, le stress, la dépression et ainsi diminuer le potentiel suicidaire.

On rapporte dans une étude américaine que le ratio de suicide complété est de un décès pour quatre tentatives de suicide alors que dans la population en général, ce ratio est de un décès pour vingt-cinq tentatives. En terminant, selon Michel Préville, chercheur au Centre de recherches sur le vieillissement de l’Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke, le taux de décès par suicide des personnes âgées a augmenté de 85,4 % entre 1977 et 1999. Cette croissance s’est produite malgré l’amélioration des conditions de vie des personnes âgées. Les experts estiment que le nombre de suicide augmentera de 248 % d’ici 2043, il faut donc agir dès maintenant avec des programmes de prévention et d’intervention face au suicide. 


Liens

Association québécoise de prévention du suicide - Les personnes âgées

Association québécoise de prévention du suicide - Santé mental

Réseau d'information des aînés du Québec

Réseau internet francophone vieillir en liberté

Portail pour les retraités

Conseil des aines

FADOQ

Association québécoise de gérontologie

AREQ

 

1 866 277-3553